Bibliothèque et archives

La bibliothèque et les archives de l’Académie sont ouvertes aux chercheurs de tous niveaux. Ces derniers sont reçus lors de la permanence sur rendez-vous.

Les collections de cette bibliothèque sont consultables sur le site de la bibliothèque municipale « Carré d’Art » à l’adresse : http://bibliotheque.nimes.fr/ . La page est ensuite accessible avec l’onglet « Accès catalogue ».

La bibliothèque est ouverte tous les mardis de 14h à 17h et tous les vendredis de 14h à 16h du 1er octobre au 30 juin.

Présentation de la bibliothèque par Didier Travier.

Comme ce fut le cas pour beaucoup d’institutions d’Ancien Régime, la bibliothèque de l’Académie de Nîmes – qui s’était considérablement enrichie par la donation des collections de son Secrétaire perpétuel, le botaniste et épigraphiste Jean-François Séguier (1703-1784) – a été confisquée au moment de la Révolution française. Le fonds ancien de l’Académie se trouve donc aujourd’hui à la Bibliothèque municipale de Nîmes. La bibliothèque actuelle, qui compte au catalogue informatisé un peu plus de 8000 notices et occupe une partie du premier étage de l’hôtel de l’Académie, a donc été reconstituée au cours des 19e et 20e siècle.

Les collections proviennent essentiellement de dons puisqu’il est d’usage que les Académiciens remettent à la bibliothèque un exemplaire de chacune des publications auxquelles ils contribuent. Il n’est pas rare non plus qu’au décès d’un membre, l’Académie reçoive tout ou partie de sa bibliothèque. Ce fut par exemple le cas en 1922 pour celle du commandant Raymond Plantin de Villeperdrix partagée entre l’Académie et le Musée archéologique. Enfin, les périodiques reçus par échange avec d’autres sociétés savantes constituent une source d’accroissement importante. Il y en a actuellement 94.

Du fait de son histoire, le livre ancien occupe une place modeste dans la bibliothèque de l’Académie. Moins de 4% des titres y sont antérieurs à 1810, les collections se partageant en deux parts égales entre un grand 19e siècle (jusqu’en 1914) et le 20e siècle jusqu’à nos jours (48% chacune). Cela n’empêche pas la présence de quelques raretés comme cet ouvrage de polémique anti protestante, L’Ecriture abandonnée par les ministres de la religion prétendue réformée, publié à Nîmes en 1658 par un magistrat de la ville, Claude de Bane, issu d’une famille protestante mais converti lui-même au catholicisme. Le Catalogue collectif de France n’en recense que deux exemplaires à Avignon et Montpellier. Ou encore une rarissime brochure – elle n’est connue au Catalogue collectif de France que par les deux exemplaires de la Mazarine – intitulée Histoire admirable d’un faux et supposé mari. Il s’agit du récit de la fameuse histoire de Martin Guerre dans une contrefaçon du début du 17e siècle.

Les principales ressources de la bibliothèque se trouvent dans les publications des sociétés savantes partenaires et les ouvrages et brochures intéressant l’histoire locale. Parmi eux, les collections occitanes occupent une place importante. Les documents les plus anciens dans ce domaine sont l’édition de 1638 du Ramelet moundi de Pierre Goudelin et Le tableu de la bido del parfet crestia, livre de piété toulousain millésimé 1673, l’édition originale datant de l’année précédente. Mais c’est surtout le mouvement félibréen qui est représenté par plusieurs centaines de titres, provenant notamment de la bibliothèque de Fernand Devize léguée en 1928, elle-même héritière de celle de l’écrivain provençal Baptiste Bonnet (1844-1925), natif de Bellegarde dans le Gard. Parmi les pièces remarquables de cet ensemble, il faut citer les carnets manuscrits du félibre nîmois Louis Roumieux (1829-1894).

Parmi les pièces manuscrites, on peut encore mentionner un Cours d’architecture professé entre 1787 et 1792 à l’Ecole des Ponts et Chaussées de Montpellier par Charles Durand, qui, comme ingénieur du département du Gard, jouera un rôle décisif dans les aménagements urbains de Nîmes au début du 19e siècle. Dans le domaine du patrimoine graphique, il convient de signaler, même s’ils ne sont pas intégrés à la bibliothèque stricto sensu, la fascinante collection iconographique relative au comte de Chambord réunie par Henry Bauquier, le fondateur du Musée du Vieux-Nîmes, et donnée à l’Académie en 1943, ainsi que le fonds Filleron-Lorin comprenant 44 700 cartes postales anciennes, concernant principalement des édifices religieux.

Une convention passée en 2001 avec la Ville de Nîmes a permis l’informatisation initiale du fonds. Depuis les nouvelles entrées sont cataloguées par les bibliothécaires de la Ville et intégrées dans un catalogue commun (http://cat-bib.nimes.fr). Un travail de signalement comparable est effectué par Gabriel Audisio et son équipe pour le recensement des archives de l’institution, un inventaire sous Excel étant régulièrement mis à jour sur le site. Cette volonté de la part de l’Académie de faciliter l’accès à ses ressources a également inspiré l’opération de numérisation de ses propres publications, opération menée avec beaucoup de détermination par le Secrétaire perpétuel, Alain Aventurier. Aujourd’hui, l’ensemble des Mémoires est consultable en ligne sur le site de l’Académie. Les Mémoires mais aussi les Bulletins sont par ailleurs accessibles dans Gallica jusqu’en 2006.

Le grand public peut découvrir la bibliothèque à l’occasion des Journées du Patrimoine. L’Académie s’efforce également de s’associer à des opérations de valorisation à l’extérieur de ses murs. Ainsi, à l’été 2018, une exposition faisant connaître le fonds de cartes postales a été présentée à la bibliothèque municipale dans le cadre d’un programme plus vaste consacré à la photographie. L’accès à la bibliothèque est ouvert aux membres de l’Académie ainsi qu’aux chercheurs extérieurs qui en font la demande. Ils sont accueillis, aux heures de permanence, par Jean-Louis Meunier, rapporteur de la commission de la bibliothèque, et d’autres confrères.

Comme toute bibliothèque, celle de l’Académie tend à se remplir et à manquer de place. Ce problème matériel est en passe d’être résolu grâce à l’aménagement en cours de deux nouvelles pièces. Le développement de l’usage est plus complexe. Il suppose, outre l’effort de signalement et de valorisation déjà indiqué, l’établissement de liens plus resserrés avec l’Université, ce qui a commencé à se faire. Des numérisations ciblées, complémentaires de celles de la bibliothèque municipale et conjointes à elles, sont également à programmer pour faire connaître les fonds les plus spécifiques.